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Histoire (résumée) de la photographie 1

C'est à Chalon sur saône, petit village encore, et dans l'année 1822 que Nicéphore Nièpce invente la photographie. Ci-dessous la 1ère image réalisée par Niepce.

Niepce1.jpg

Il réussit à fixer les premières images pour donner un rôle essentiel à cette technique. Il imagina le diaphragme et la chambre pliante, mais ses méthodes trop artisanales ne convenaient pas pour faire entrer la photographie dans l'ère industrielle. Six ans après sa mort, à Paris Daguerre montrait ses premières plaques, en Janvier 1839. Talbot, un anglais, dévoilait à Londres le secret des premiers papiers. Herschel léguait aux photographes l'hyposulfite de soude.

Le but, conserver et reproduire l'image de Nièpce, quoique les méthodes soient opposées, le métal pour Daguerre, le papier pour Talbot. A Paris, En Juin 1839, le français Hyppolite Bayard présentait la première exposition du monde avec des photos (papier). En Août 1839, Daguerre vulgarise son procédé et offre à chacun la possibilité de réaliser des images sur plaque unique de métal. Depuis cette date, nous confions à l'objectif le soin de capter nos souvenirs. Voici un daguerréotype et une image créée par Tabot.

daguerre-talbot.jpg

Léonard de Vinci avait imaginé "la caméra obscura" mais pas le foisonnement d'images qu'elle fournirait plus tard. C'est encore en 1839 que le savant Arago déclare que le procédé photographique est un don fait au monde par la France. Dans la même période, l'écrivain Jules Janin s'inquiète des possibilités de reproduction qui risquent d'attenter à l'oeuvre d'art. L'affaire Daguerre fut l'évènement du siècle. Même si l'on devrait appeler Niepcétype le Daguerréotype, Daguerre développa une telle énergie affairiste que c'est surtout son nom qui est retenu par chacun de nous. Cependant, le règne intèrmédiaire du Daguerréotype vit le calotype recevoir la faveur des chercheurs qui souhaitaient un négatif transparent permettant la reproductibilité. Un nouveau support devait succéder au double papier qu'était le Calotype, ce fut la plaque de verre que testait déjà Hersschell, Niépce de Saint Victor, neveu de Nicéphore, emploie l'albumine pour ses premiers verres et présente le procédé à l'Académie des Sciences de Paris en Juin 1848. En Angleterre Scott Archer utilise le collodion, plus simple d'usage et plus rapide, les portraitistes l'adoptent dès 1852. Legray, un français à pressenti à la même époque tout l'intérêt du collodion. Ci-dessous un calotype et un groupe photographié par Legray.

calotype-legray.jpg

A partir de 1850-1855, le photographe pratique des méthodes de travail presque industrielles, ce n'est plus le magicien de l'ère du Daguerréotype. En 1854, Nadar installe son atelier rue Saint Lazarre pour obtenir de la photographie un moyen de s'enrichir. Son succès l'amène à s'installer Boulevard des Capucines dans un quartier considéré comme celui des photographes. Les frères Bisson sont à proximité.

Ici intervient la nécessité de la pose (Ne bougeons plus), avec l'usage d'outils contraignants, l'appuie tête. Il s'agit de se faire tirer le portrait pour la famille, la galerie ou la postérité. On installait un carton sur le front du personnage avec un mot écrit à l'envers pour faire la mise au point. On utilisait des verres de couleur pour protéger le regard du modèle d'un soleil trop violent l'empêchant de garder les yeux ouverts assez longtemps. En évoquant la demi-pose, on mesure les progrès de la vitesse obtenus grâce au collodion. Il faut noter l'importance de l'immobilité de l'appareil fixé lui aussi sur un robuste support.

Merveilleux à rendre les objets inanimés, on considère encore le procédé inapte à reproduire les traits d'un visage, pourtant l'industrie du daguerréotype explose. A partir de 1842, l'utilisations des objectifs à court foyer de Chevalier et de Petzval, les entreprises portraitistes sont florrissantes. Les premières retouches sont pratiquées timidement, on "améliore" ainsi personnage et décors. on imite la peinture, les décors tarabiscotés au choix du modèle et plus souvent du photographe sont peints eux aussi. En 1862 s'engage une forme de procès contre la retouche, "fabrique de portraits" s'indigne Nadar. Disdéri impose le portrait-carte qui obtient une popularité importante, il donne de l'importance aux mains, voire aux gestes. Le portrait en pied exprime la ressemblance complète du modèle, indique t'il. Un appareil pour daguerreotype et une série de Disderi.

appareil-disderi.jpg

Julia Margaret Cameron (1815-1879) ne s'intéresse guère aux attitudes ni aux décors. Elle ne sort pas dans son jardin, elle se concentre sur le visage de ses illustres contemporains, les écrivains, les savants. Elle compose des groupes allégoriques. En 1869, Robinson écrivait "Les limites de la photographie en tant qu'art n'ont pas été nettement fixées". Dès les origines la photographie empiète sur la peinture, de nombreux peintres perdent des commandes de portrait. Victor Hugo se fit photographier, savait il déjà que Rodin utilisait un daguerréotype représentant Balzac pour réaliser son buste. Plus tard Hugo devint un fervent utilisateur des outils photographiques. Ailleurs, Delacroix demande à des amis photographes de mettre en scène certaines compositions dont il s'inspire ensuite pour ses toiles; Il sera, avec Cognet, un des seuls à refuser l'adhésion à la ligues des artistes français contre la photographie. La peinture "du juste milieu" annonçait l'académisme photographique. Corot se sert de l'apport graphique de la photographie, il dessine sur le collodion. Les photographes voient la lumière comme les peintres. A l'exposition de 1855, on se bouscule devant les portraits réalisés par Adam Salomon, considéré comme le meilleur metteur en scène de la photographie ancienne en France.

En 1859, un journaliste souligne "lorsqu'on se promène dans les rues parisiennes, à moins d'être aveugle, la photographie incommode par son omniprésence, cette industrie naissante a des prétentions artistiques, messieurs les photographes vous perdez votre temps". Le 10 Mai de cette année là, Napoléon III, se fait tirer le portrait par Disdéri. Baudelaire ne décolère pas "La photographie ne compose pas, elle donne une copie de la nature, elle charme l'oeil, mais l'âme reste froide". On demande à la peinture d'être de juste milieu et à la photographie d'être conventionnelle et pompeuse.

Il fallut du temps pour accepter le miroir, sa rapidité avec ce dédoublement et cette ressemblance. La photographie n'est pas mécanique, elle enregistre et constate écrit Bernard Shaw. Les reporters frappent à la porte, leurs objectifs saississent la seule véritable interprétation du monde. Nadar, lui même, parle de cet instant décisif bien avant Cartier Bresson.

En 1860, une amélioration des plaques sèches au collodion permet de réduire encore le temps de pose. Les photographes paysagistes apprécient spécialement cette évolution. 1864, Richard Leach Maddox remplace le collodion par de la gélatine dans la préparation des plaques sèches. Deux ans plus tard, un photographe londonnien lance les premières gélatine prêtes à l'emploi. Son procédé est cependant plus lent que les émulsions au collodion humide. En utilisant des plaques pré-enduites imposant un sèchage à la chaleur, il augmente leur rapidité. Quelques firmes adaptent cette technique pour la fabrication de plaques sèches au gélatino-bromure à partir de 1873. Elles ressemblent dans leur principe aux émumsions modernes, mais ne sont sensibles qu'au bleu.

Un Berlinois, le professeur Hermann Wilhelm Vogel, traite les plaques au collodion avec des colorants azoïques qui deviennent alors sensibles aux couleurs absorbées par ces colorants. Les bases des inventions futures étaient alors jetées. Des émulsions sensibles aux bleus et aux verts, puis les plaques orthochromatiques, sensibles à toutes les couleurs sauf le rouge, enfin les plaques panchromatiques en 1906.

(A suivre) mise à jour quotidienne...



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